[@RT Flash] Lettre 318 du 7 au 13 janvier 2005
Dans la même rubrique...
- [@RT Flash] Lettre 564 du 30 juillet au 9 septembre 2010
Édito : les nanotechnologies : nouvel outil contre le cancer - [@RT Flash] Lettre 563 du 23 au 29 juillet 2010
Édito : la première greffe totale du visage ouvre une nouvelle ère médicale - [@RT Flash] Lettre 562 du 9 au 22 juillet 2010 (Numero double)
Édito : La vie serait apparue sur Terre il y a plus de deux milliards d'années ! - [@RT Flash] Lettre 561 du 2 au 8 juillet 2010
Édito : la catastrophe du golfe du Mexique va accélérer le décollage des énergies renouvelables - [@RT Flash] Lettre 560 du 25 juin au 1er juillet 2010
Édito : des organes artificiels à partir de cellules souches en 2020 ? - [@RT Flash] Lettre 559 du 18 au 24 juin 2010
Édito : Un cœur artificiel français en 2013 - [@RT Flash] Lettre 558 du 11 au 17 juin 2010
Édito : Cancer : le grand tournant se confirme - [@RT Flash] Lettre 557 du 4 au 10 juin 2010
Édito : le temps existe-t-il ? - [@RT Flash] Lettre 556 du 28 mai au 3 juin 2010
Allons-nous reconstruire la vie ? - [@RT Flash] Lettre 555 du 21 au 27 mai 2010
Édito : Vers une taxe carbone mondiale ? - [@RT Flash] Lettre 554 du 7 au 20 mai 2010 (numéro double)
Édito : La mortalité par cancer continue de reculer - [@RT Flash] Lettre 553 du 30 avril au 6 mai 2010
Édito : Le stockage et la gestion intelligente de l'énergie ouvrent la voie à une utilisation massive des énergies renouvelables
Sommaire
- Information & Communication
- L'irrésistible ascension de Firefox
- Accord d'opérateurs télécoms pour une nouvelle norme très haut-débit
- Le blog, nouveau phénomène de l'internet américain
- Canada : 60 % des plus de 55 ans connectés
- Brest teste les téléservices adaptés
- Téléphonie sur Internet : neuf telecom lance sa solution
- Un disque dur d'une capacité record de 500 gigaoctets
- Motorola et Burton créent des vestes de ski communicantes
- Espace & Cosmologie
- Sciences de la Terre & Environnement
- Sciences du vivant
- Une adolescente guérie de la rage par un nouveau traitement
- Maladie de Parkinson : une découverte française importante
- Cancer colorectal : le dépistage génétique à l'essai
- Le mécanisme de régulation des cellules souches embryonnaires commence à être élucidé
- La nature au service de la médecine
- Inquiétante progression de l'obésité chez les petits Américains
- De nouvelles études confirment les bienfaits de l'exercice physique
- La prescription d'antibiotiques diminue
- Neurosciences
- Économie numérique
- Transports & Aéronautique
Édito : La puissance de l’image
Chacun d’entre nous conservera, toute sa vie, les images insoutenables de ces milliers de corps étendus, sans vie, sur les côtes dévastées du Sri Lanka, de l’Indonésie ou de la Thaïlande. Au même titre que les images du 11 Septembre 2001 avaient déjà laissé dans nos mémoires leurs traces indélébiles, celles de ces fêtes de fin d’année 2004 transformées en cauchemars, marqueront indubitablement une étape importante dans l’histoire de notre Humanité.
En effet, ces images ont été vues, partagées, au même moment, et avec la même stupeur et une si grande tristesse, par des milliards d’êtres humains sur l’ensemble de notre Planète. Les chefs d’états doivent bien en prendre conscience. C’est bien dans ces communions universelles où chacun voudrait tendre la main vers l’autre que l’Humanité trouve son avenir et non pas dans de grandes réunions internationales où le rôle de chacun a été précisément défini avant même le début de la cérémonie.
Que nous soyons chinois, japonais, suédois, allemands, marocains, américains, brésiliens, ghanéens, russes ou français, nous avons tous vu les même images atroces sur notre téléviseur et nous avons tous eu, quelle que soit la couleur de notre peau ou notre condition sociale, la même réaction : mais que pouvons-nous faire personnellement pour ces pauvres gens qui ont tout perdu ?
Sans qu’un mot d’ordre, venant d’une autorité supérieure, n’ait été donné, des dizaines et des dizaines de millions d’êtres humains ont spontanément fait parvenir des dons à des Organisations Non Gouvernementales qui ont trouvé, dans ces terribles moments, une légitimité nouvelle auprès de très nombreux peuples. Comme si la « vox populi » trouvait plus efficaces dans ces moments difficiles des organisations comme la Croix-Rouge ou Médecins Sans Frontières, les préférant aux institutions gouvernementales.
Cela fut si vrai que certains gouvernements mirent plus de temps que le Peuple pour réagir. Ainsi, 5 jours après le Tsunami, le Peuple d’Angleterre, avec ses millions de petits dons individuels de 1, 10 ou 100 £ avait plus donné que son propre gouvernement pour venir en aide aux sinistrés d’Asie. Cela ne s’était jamais vu. Indubitablement, et ce, sans que les hommes au pouvoir sur l’ensemble de notre planète ne le contrôlent ou le maîtrisent, l’Humanité est en train de vivre une mue extraordinaire.
Les Historiens nous le confirmeront : les images télévisées avaient déjà, en 1989, fait s’abattre le Mur de Berlin. Après les dictatures, les démocraties vont devoir, elles aussi, revoir en profondeur leurs modes de fonctionnement, pour répondre aux aspirations profondes des Peuples qui sont non seulement leur terreau mais aussi leur raison d’être.
Ainsi, il ne devrait plus être possible qu’une petite poignée d’êtres humains, même s’ils ont été portés au sommet de la pyramide par le suffrage universel, puissent impunément déclarer les guerres qui enverront à la mort des dizaines de milliers d’hommes en s’appuyant sur le mensonge et des images truquées.
L’image est devenue de loin le bien le plus précieux de l’Homme. Elle doit être accessible à chacun avec toute son authenticité. C’est sur cette loi d’airain que s’établira la société de demain. Il n’est plus loin le temps où des centaines et des centaines de millions d’êtres humains diront tous ensemble « NON » à une décision politique même si celle-ci est prise par le Président que certains jugent le plus puissant du Monde. Grâce à Internet, tous ces outils sont en train de se mettre en place et, inexorablement, ils ne resteront pas longtemps inutilisés.
René Trégouët
Sénateur honoraire
Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Information & Communication
L’irrésistible ascension de Firefox
La croissance du navigateur alternatif Firefox ne se dément pas. Deux mois après la mise en ligne de la version 1.0, l’application a été téléchargée 13 millions de fois. Firefox profite de la défiance de plus en plus importante des utilisateurs envers Internet Explorer de Microsoft. Par ailleurs, ses concepteurs, issus notamment de la Fondation Mozilla, ont très bien su utiliser la force de la communauté du logiciel libre. Ainsi, la fondation Mozilla a fait appel à la générosité de ses admirateurs afin de s’offrir une page de pub dans The New York Times. Les contributions volontaires ont permis à Mozilla de s’offrir non pas une mais deux pages de pub dans le quotidien.
La publicité est parue samedi 18 décembre... "Ce week-end, nous avons enregistré 200.000 téléchargements sur les deux jours, samedi et dimanche, et nous avons enregistré plus d’un demi million de téléchargements sur lundi et mardi", a confirmé un porte-parole. Mais ce n’est pas tout. Le deuxième constructeur mondial de PC, l’américain HP a annoncé cette semaine qu’il reconnaissait Firefox comme un navigateur standard ce qui le place au même niveau qu’Internet Explorer. La compagnie a affirmé qu’"au cours de l’automne 2004 nous avons vu une augmentation importante de l’utilisation de Mozilla/Firefox par les utilisateurs de notre site Internet. Mozilla a positionné Firefox comme un navigateur plus sécuritaire et rapide pour Internet. Firefox a reçu beaucoup de visibilité dans la presse, et ceci contribue à la conversion rapide de nos utilisateurs. Afin d’offrir un meilleur support à nos utilisateurs qui cherchent à obtenir un meilleur contrôle de leur expérience en ligne (...). Dès aujourd’hui, HP.com adoptera le navigateur Firefox comme navigateur standard. "Aujourd’hui, Firefox a réussi à faire descendre l’utilisation d’Internet Explorer à moins de 90 %, ce qui n’était pas arrivé depuis au moins cinq ans, souligne l’institut WebSideStory.
Accord d’opérateurs télécoms pour une nouvelle norme très haut-débit
Un groupement d’opérateurs et d’équipementiers télécoms de premier plan ont passé un accord pour développer une nouvelle norme pour téléphone portable, permettant l’envoi instantané de vidéo haute résolution, a annoncé le japonais NTT DoCoMo. Un groupe de 26 sociétés, dont le britannique Vodafone Group, l’allemand Siemens, le français Alcatel et le japonais NEC, soutiennent la norme, précise DoCoMo.
Le service de téléphonie mobile basé sur cette technologie va permettre des vitesses de transmissions plus de 10 fois plus rapides que celle des services actuels de troisième génération (3G), explique le premier opérateur télécom japonais. La nouvelle technologie sera capable de transmettre des vidéos de haute qualité à une vitesse de 100 Mbs, aussi rapide que par le biais des fibres optiques. En accroissant les débits, les opérateurs pourraient passer des films, des jeux et des vidéos, en haute résolution. Aujourd’hui, la 3G offre des débits allant jusqu’à 384 kilobits par seconde.
Les spécifications technologiques de base seront établies d’ici 2007 mais aucune date n’a été fixée pour un lancement commercial du service, a annoncé un porte-parole de DoCoMo. Selon le quotidien japonais Nihon Keizai Shimbun, DoCoMo entend proposer ce service haut-débit dès 2009. L’opérateur nippon pourrait investir plus de 100 milliards de yens (715 millions d’euros) dans la modernisation de son infrastructure télécoms pour lancer ce service, selon le Nihon Keizai Shimbun. La norme commune devrait créer une demande pour les portables dotés d’un grand écran à cristaux liquides (LCD) pour des jeux ou des films, et aider les producteurs de combinés à réduire leurs coûts en produisant ces articles à grande échelle, estime le quotidien. DoCoMo veut réduire ses coûts d’achats de téléphones portables parce que ses revenus ont été restreints par l’introduction de services à bas prix et par une concurrence féroce sur le marché.
Le blog, nouveau phénomène de l’internet américain
Plus de 8 millions d’Américains ont ouvert leur blog en 2004. Soit 7 % des 120 millions d’internautes américains, selon un rapport du Pew Internet & American Life Project qui appuie ses résultats sur une étude effectuée en deux temps par sondage téléphonique auprès de 1 861 internautes entre le 4 et le 30 novembre 2004. Rappelons que le blog est un site web qui contient un journal en ligne personnel avec des réflexions, des commentaires et souvent des liens hypertextes. Assumant l’héritage de la bonne vieille "page perso", le blog y ajoute également de l’interactivité avec la possibilité d’accueillir les réactions et les commentaires des lecteurs. Le raz de marée en Asie du Sud vient malheureusement de vérifier toute la richesse potentielle des blogs en terme de réactivité, via la publication d’informations et d’images inédites. Outre-Atlantique, les journaux personnels en ligne sont lus par 27 % des internautes (soit 32 millions d’utilisateurs). C’est une progression de 58 % par rapport à février 2004 où "seulement" 17 % d’internautes américains déclaraient s’intéresser au blogs (et 11 % à l’été 2003). Une progression à mettre en partie sur le compte des élections présidentielles américaines de novembre dernier. Environ 9 % des internautes ont déclaré avoir "souvent" ou "occasionnellement" consulté des carnets en ligne pendant la campagne électorale. Si les blogs sont lus, la participation reste encore timide. Seulement 12 % des 32 millions de lecteurs de blogs postent des commentaires (moins de 4 millions d’Américains). Le blog, un média essentiellement passif ? Peut-être. Il n’en dévoile pas moins une nouvelle source potentielle d’information aux yeux des utilisateurs qui en profitent pour tirer parti des nouveaux outils du Net. Ainsi, 5 % des internautes déclarent exploiter les flux RSS et lecteurs XML (qui permettent de suivre en temps réel les mises à jour d’une page Web) pour se tenir informés.
Pew Internet and American Life Project
Canada : 60 % des plus de 55 ans connectés
6 canadiens de plus de 55 ans sur 10 sont connectés à Internet soit une hausse spectaculaire de 48 % par rapport à l’année dernière. C’est le résultat d’une récente étude. Les résultats proviennent d’un rapport publié par Ipsos-Reid Canadian Interactive Reid qui cependant a indiqué que l’adoption d’Internet par les personnes âgées va être longue. Au final ils devraient l’accepter et l’utiliser pour communiquer, se divertir, et s’éduquer. Les connections « ADSL » à Internet progressent également parmi les personnes âgées. « Près de 64 % des plus de 55 ans sont connectés à Internet en « grande vitesse » a expliqué Ipsos d’après le site d’information « ppnet ». « Non seulement les plus de 55 ans sont maintenant connectés à Internet mais ils le sont en général avec de meilleures technologies ». Ils passent également plus de temps sur Internet qu’auparavant. En effet le temps passé sur la toile par semaine a progressé de 6,8 à 9,6. Ce chiffre est cependant toujours inférieur aux moins de 55 ans qui passent 12,5 heures par semaine à surfer.
Brest teste les téléservices adaptés
Tout se passe sur la télévision. Pour naviguer dans les rubriques disponibles, une interface graphique simple (5 grandes icônes) et une télécommande ergonomique (5 gros boutons) suffisent. Dans la version actuellement en test à Brest, la personne âgée choisit entre « Mes messages » (SMS reçus) , « Mes photos » (MMS reçus) , « Mes vidéos » (rediffusion à la carte des programmes d’une chaîne câblée local destinée au seniors ), « Mon quartier » ou « Ma ville » (rubriques d’informations pratiques). Les messages sont envoyés par les proches à partir d’un téléphone portable, un signal lumineux prévient de leur arrivée, même lorsque le poste est éteint. « C’est un projet de télé relation, destiné à vaincre l’isolement, à aider les personnes âgées à garder un contact avec leur famille, souvent éloignée », explique André Thépaut, professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications de Bretagne, spécialiste de la domotique pour handicapés. « Le cahier des charges, établi par des sociologues, se base sur l’observation. Ils ont étudié les besoins d’un public GIR4 et leur appréhension des objets techniques. Le système est bien sûr basé sur Internet, mais il ne nécessite aucune interaction : on installe une centrale domotique et un modem haut-débit, auxquels on ne touche plus ensuite. Les essais menés dans le quartier Bellevue auprès de 4 usagers et leur environnement doivent déboucher sur une évaluation socio-économique. » Trop tôt donc pour savoir si T@PA sera commercialisé un jour. Le matériel installé au domicile de la personne âgée coûte environ 500 Euros. Le développement du dispositif, de l’ordre de 100 000 Euros a été financé par un opérateur de téléphone portable, avec le concours de la CU de Brest, du CG du Finistère et de la mairie du quartier de Bellevue.
Téléphonie sur Internet : neuf telecom lance sa solution
Le succès du logiciel de téléphonie sur Internet Skype inspire neuf telecom. Le fournisseur d’accès français s’apprête ainsi à inaugurer une nouvelle offre de téléphonie sur IP à destination des internautes français, sous la marque Wengo. Prévu initialement pour la mi-décembre, Wengo est disponible pour l’instant en version bêta sur le site du même nom, avant un lancement officiel le 13 janvier. La différence avec les autres offres de téléphonie sur Internet proposées par les fournisseurs d’accès, dont neuf telecom lui-même, tient au fait que Wengo est disponible pour tout internaute, quel que soit son fournisseur d’accès et quel que soit son mode de raccordement (ADSL, Wi-Fi, câble), à condition d’être en haut-débit.
Pour se servir de Wengo, les utilisateurs passeront par leur PC, mais pourront aussi prendre leur téléphone habituel (contrairement à Skype, à moins de se servir d’un terminal dédié vendu par des firmes comme Siemens). Dans ce cas, les clients devront acquérir un modem spécifique, la Wenbox, vendu en principe 30 euros.
Entre eux, les utilisateurs Wengo s’appelleront gratuitement. Pour les autres appels, deux choix s’offrent à eux. Un forfait mensuel de 6 euros - autre différence avec Skype - qui inclut la location de la Wenbox, leur assure des communications locales et nationales illimitées, ainsi que deux heures d’appel vers les mobiles. Autre possibilité : de la téléphonie nationale, internationale et vers les mobiles, à des tarifs spécifiques, très proches de ceux de Skype.
Un disque dur d’une capacité record de 500 gigaoctets
Le constructeur électronique japonais Hitachi a annoncé mardi soir le développement de nouveaux disques durs d’une densité record, l’un de la taille d’un timbre-poste destiné à équiper des appareils mobiles, et l’autre au format standard avec une capacité de 500 gigaoctets. Le numéro deux mondial des disque durs cherche à étendre ses produits de format 3,5 pouces, habituellement utilisés dans les ordinateurs, vers de nouveaux marchés qui requièrent d’énormes capacités de stockage comme les enregistreurs numériques de salon. Le nouveau disque dur 3,5 pouces d’Hitachi peut sauvegarder un demi téraoctet de données, soit 200 heures de programmes, contre 40 heures en moyenne pour les magnétoscopes numériques équipés d’un disque dur de 80 gigaoctets comme le Tivo. Le produit sera mis à la disposition des fabricants d’électronique au premier trimestre.
Le japonais a également prévu de lancer une version réduite de son Microdrive, un disque miniature au format un pouce, qui sera un cinquième plus fin que son aîné, consommera moins d’énergie et pourra stocker huit à dix gigaoctets de données. Ce nouveau produit utilise le même format que les précédents Microdrive, mais nécessite moins d’emballage et d’énergie. Plus de cinq millions de Microdrive ont été vendus à travers de nombreux produits, allant des caméscopes numériques aux baladeurs audio. La nouvelle variante du Microdrive, surnommée "Mikey", est la première extension en cinq ans de cette ligne de produits développée à l’origine par IBM, avant d’être vendue à Hitachi en 2003. Selon Healy, Mikey, qui sera disponible à la mi-2005, devrait permettre aux fabricants de gadgets électroniques de renforcer leur capacité de stockage, avec des téléphones mobiles capables par exemple de sauvegarder des encyclopédies entières ou d’enregistrer des programmes TV.
Motorola et Burton créent des vestes de ski communicantes
Le constructeur américain de téléphones mobiles Motorola a annoncé la présentation cette semaine d’une ligne de vêtements de loisirs qui intégreront les technologies mobiles de téléphonie et de musique numérique dans des vestes de ski. Motorola et le fabricant de vêtements Burton développeront en commun des vestes, des casques et des casquettes pour la pratique du ski, en vue d’une commercialisation au second semestre 2005. Les vestes comprendront un logement rembourré pour accueillir un téléphone portable Motorola et un lecteur MP3, avec sur une manche un appareil de gestion des entrées audio qui permettra à l’utilisateur de contrôler la musique écoutée et ses appels téléphoniques émis et reçus, le son sortant par des écouteurs dans la capuche. La transmission de données entre les différents éléments sera assurée par une liaison BlueTooth, une norme de réseau local sans fil décentralisé.
Ni Motorola ni Burton n’a précisé le montant des investissements prévus, ni le prix des vêtements en développement. Des analystes ont estimé que le projet n’était pas destiné à accroître les ventes de téléphones mobiles de Motorola, qui a perdu en décembre sa place de numéro deux mondial du secteur au profit du sud-coréen Samsung Electronics. "Ils essaient de se rapprocher de la génération montante", a expliqué Neil Strother, de la société d’études In-Stat MDR, estimant que la vente de ce type de vêtements pourrait au final représenter 1 à 3 % des ventes de combinés Motorola. "Est-ce que cela fera de Motorola le numéro un ? J’en doute, mais cela ne peut pas faire de mal. Cela peut au-delà d’une mode et devenir une tendance de fond". L’accord avec Burton offre à Motorola la possibilité de promouvoir un autre partenariat, celui conclu avec Apple Computer en juillet pour le développement d’une version allégée du logiciel de gestion de musique iTunes, destinée à être installée sur certains des modèles de Motorola.
Espace & Cosmologie
L’imagerie spatiale au secours de l’Asie
La coordination internationale pour venir en aide aux victimes ne se fait pas que sur le terrain mais également dans l’espace. Depuis le début de la crise, l’imagerie spatiale permet aux autorités et aux secours d’établir des cartographies essentielles des lieux de la catastrophe. La "Charte internationale des agences spatiales sur la gestion des catastrophes naturelles" a émergée de la conférence "UNISPACE III" à Vienne en juillet 1999. Créée l’année suivante, son objectif est de combiner les ressources des différentes agences spatiales - avec les satellites Spot 5 et 4, le satellite indien IRS, le canadien Radarsat, ou encore Envisat de l’Agence spatiale européenne - pour apporter une réponse immédiate à la gestion d’après catastrophe. Elle a déjà fait ses preuves lors de tremblements de terre au Salvador ou en Inde, lors d’inondations ou encore en cas de marée noire. C’est donc en toute logique qu’elle a été activée, à la demande de plusieurs organismes, dont l’Onu ou encore la Sécurité civile française, après le déferlement du tsunami, pour obtenir un tableau général des infrastructures touchées.
"Etant donné l’ampleur du phénomène, il a fallu mener des actions sur plusieurs pays à la fois" et créer trois zones : Inde, Indonésie et Sri Lanka, selon Eliane Cubero, du Centre national d’études spatiales (Cnes) de Toulouse, qui gère cette dernière zone. "Ce que nous demande la logistique, précise-t-elle, c’est d’avoir des cartes le plus à jour possible sur la région pour pouvoir intervenir sur le terrain, protéger les gens, c’est-à-dire essayer de trouver des emplacements libres pour installer des camps de fortune, savoir quelles routes il est possible d’emprunter et lesquelles sont obstruées".
Dès le lendemain du raz-de-marée, une société française d’assistance technique en ingénierie pour la gestion et la prévention des risques naturels, Géosciences Consultants (GSC), a également mis bénévolement à la disposition d’ONG et d’organismes internationaux des cartes de dommages potentiels pour aider les secours. GSC réalise actuellement des cartes "des zones potentiellement très submersibles" en Birmanie, "sur laquelle pèsent le soupçon de minimiser des pertes en vies". "On veut vérifier si avec l’imagerie spatiale on ne détecte pas des zones qui seraient largement plus endommagées que ce que veut bien prétendre le gouvernement birman", qui a annoncé 59 morts contre 90 selon l’Onu. L’imagerie spatiale, souligne-t-il enfin, est capitale pour les ONG dans la période post-crise de reconstruction, pour mieux déterminer "les zones contaminées par les eaux de mer polluées et ne pas les cultiver temporairement, pour savoir où aller chercher de l’eau et où ne pas aller en chercher..."
Spirit et Opportunity poursuivent l’exploration de Mars
Un an après s’être posés sur Mars où ils ont confirmé la présence passée d’eau sur cette planète, les robots Spirit et Opportunity, dont la durée de fonctionnement prévue était de trois mois, poursuivent sans faiblir leur exploration sur les origines de la vie. Spirit s’était posé le 3 janvier 2004 sur la planète rouge, suivi trois semaines plus tard par son jumeau Opportunity, pour débuter une des missions les plus fructueuses de l’odyssée spatiale. "Je n’aurais jamais imaginé il y a un an être ici, aujourd’hui, et pouvoir dire +Nous sommes toujours sur Mars+", a lancé Sean O’Keefe, l’administrateur démissionnaire de la Nasa lors d’une intervention cette semaine devant les scientifiques du Jet Propulsion Laboratory (JPL), qui pilote cette mission.
Qualifiant Spirit et Opportunity de "machines extraordinaires", il a estimé que les révélations faites par ces deux robots-géologues étaient d’une extrême importance, un avis partagé par la prestigieuse revue américaine Science pour qui cette découverte scientifique est la plus importante de 2004. Sean O’Keefe a surtout cité les indices trouvés par Opportunity témoignant de l’existence passée d’une vaste étendue d’eau salée dans une région dite Planum Meridiani, une plaine située au niveau de l’équateur de Mars et qui ressemble à une vaste vallée. Spirit s’était posé aux antipodes, près d’un cratère baptisé Gusev, où il a découvert en décembre de la goéthite dans un affleurement rocheux, un autre indice de la présence passée d’eau sur la planète rouge. Le minéral n’existe qu’en présence d’eau, sous forme liquide, de glace ou gazeuse, avait alors précisé la Nasa. "Ceci nous dit que dans le passé, le climat, l’atmosphère de la planète la plus proche de la Terre était totalement différents, permettant peut-être l’existence de la vie", a relevé M. O’Keefe qui s’exprimait, à l’occasion du premier anniversaire de l’arrivée de Spirit, à Pasadena (Californie, ouest) où se trouve le JPL. "Savoir ce qui s’est passé sur Mars pourrait, peut-être, nous donner une perspective entièrement nouvelle sur notre place dans le système solaire, notre galaxie et, en fait, dans tout l’univers", a-t-il dit.
Pour David Grinspoon, un astronome du Southwest Research Institute à Boulder (Colorado, sud-ouest), ces découvertes "nous disent que nous devrions retourner sur Mars avec des équipements permettant de rechercher des fossiles ou des indices chimiques de vie antérieure. "Les roches ne mentent pas, leur composition chimique et les détails de leur texture révèlent leur histoire", a-t-il dit dans une tribune publiée mardi dans le Los Angeles Times, en se référant aux découvertes de Spirit et Opportunity, ainsi qu’aux vallées et lits d’anciens lacs visibles sur les nombreuses photos de la planète transmises par les deux robots et des missions précédentes.
Avant les découvertes faites par ces deux robots qui ont parcouru au total six kilomètres, "une telle mission pour tenter de trouver des traces de vie passée sur la planète rouge aurait paru farfelue mais désormais, elle s’impose", a insisté David Grinspoon auteur de l’ouvrage "Planètes solitaires" (Planetary Planets : The Natural Philosophy of Alien Life). "S’il y a eu de l’eau sur Mars mais jamais aucune forme de vie, cela pourrait signifier que les conditions nécessaires à l’existence d’organismes vivants telles que nous les connaissons ne sont pas suffisantes", a-t-il dit. Dans une telle hypothèse, le facteur chance pourrait avoir joué un rôle beaucoup plus grand dans l’émergence de la vie sur la Terre que nous aimerions le penser, faisant de nous une exception dans un univers inhabité, a commenté ce scientifique.
Le directeur scientifique de la NASA, Jim Garvin, souligne pour sa part que "Mars commence enfin à nous livrer ses mystères ». « Les robots Spirit et Opportunity.nous ont montré que Mars a eu les environnements constamment humides et que la vie a pu s’y développer. ». « Nous sommes bien décidés à poursuivre l’exploration de Mars grâce aux robots jusqu’au jour où la présence de l’homme deviendra indispensable pour continuer cette aventure scientifique. »
Sciences de la Terre & Environnement
Un tsunami en Méditerranée est possible
L’effroyable catastrophe qui vient de s’abattre sur l’océan Indien ne doit pas nous faire oublier qu’un tel phénomène pourrait se produire chez nous. Le risque de tsunami est bel et bien réel, aussi, en Méditerranée. Mais il apparaît moins élevé que dans les autres mers du monde, le Pacifique et l’Océan Indien notamment, selon les experts.
C’est notamment le cas sur le pourtour du bassin méditerranéen où des tsunamis ont déjà sévi dans un passé pas si lointain. « L’île de Rhodes pourrait devenir un Phuket grec », avertit le directeur de l’Institut géodynamique de l’Observatoire d’Athènes, Gérassimos Papadopoulos, en référence à l’île thaïlandaise. Le 9 juillet 1956, en effet, une lame de 25 mètres de haut s’est abattue sur l’île d’Amorgos, dans les Cyclades, au sud-est de la mer Egée. A titre de comparaison, les murs d’eau qui ont balayé les rivages de l’océan Indien ne mesuraient « que » 15 mètres...
Le risque de tsunami existe, dès lors qu’il y a conjugaison d’une activité sismique et d’un plan d’eau", explique Michel Villeneuve, un géologue marseillais de l’Université de Provence, qui qualifie ce risque de "non négligeable". Un raz-de-marée qui toucherait la plaine de Camargue "pourrait aller jusqu’à la ville d’Arles" (Bouches-du-Rhône), à 25 kilomètres des côte, selon Michel Villeneuve.
En 1979, un tsunami s’était d’ailleurs produit dans les Alpes-Maritimes, entre Nice et Antibes. Il avait emporté la digue d’un chantier de l’aéroport et fait onze morts. En 1986, ce sont les riverains de la plage de Beauduc (Bouches-du-Rhône) qui avaient été surpris par une vague de deux mètres, consécutive à un séisme en Méditerranée. Il n’y a pas eu de victimes. Selon le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), 5 à 10 % des raz-de-marée recensés en 2.000 ans d’histoire se sont produits en Méditerranée, les autres se répartissant essentiellement entre le Pacifique et l’Océan indien. La plus grande profondeur de ces océans, d’autre part, favorise la propagation des tsunamis.
Essentiellement provoqués par le glissement de la plaque africaine, au sud, sous la plaque eurasienne, au nord, les séismes de la zone méditerranéenne sont moins violents que dans le Pacifique ou l’océan Indien. « Leur magnitude se situe au maximum entre 7,5 et 8, rarement au-delà, explique Emile Okal, géophysien à la Northwestern University (Etats-Unis). Un tremblement de terre de magnitude 9 est impossible car il n’existe pas en Méditerranée de système de failles cohérent sur une distance suffisamment longue, d’un millier de kilomètres, comme c’est le cas au large du Chili ou de l’Indonésie. »
Autre particularité de la région : le volcanisme, très actif notamment en mer Egée et dans les îles éoliennes, peut aussi susciter des tsunamis dévastateurs comme ce fut le cas lors de l’explosion de l’île de Santorin, vers 1600 avant Jésus-Christ, où des vagues géantes ont déferlé sur la Crète et la Turquie. Pour beaucoup d’historiens, ce cataclysme pourrait être à l’origine du célèbre mythe de l’Atlantide... « Il faut créer en Méditerranée un système d’alerte comparable à celui qui existe depuis 1948 dans le Pacifique et qui a fait cruellement défaut dimanche dans l’océan Indien », plaide Gérassimos Papadopoulos.
Sciences du vivant
Une adolescente guérie de la rage par un nouveau traitement
Une adolescente américaine de quinze ans a pu quitter l’hôpital après être devenue la première personne connue à avoir été guérie de la rage par un traitement expérimental, sans avoir été vaccinée, a annoncé dimanche une porte-parole de l’hôpital. Jeanna Giese, de Fond du Lac, dans le Wisconsin, a quitté samedi l’hôpital pédiatrique du Wisconsin, à Milwaukee, où elle était soignée depuis la mi-octobre. Après morsure par un animal enragé, on peut éviter que cette maladie mortelle se déclare en se faisant vacciner immédiatement. Mais la jeune fille, mordue par une chauve-souris le 12 septembre, n’a pas consulté avant que des symptômes se déclarent, et il était alors trop tard pour une vaccination. Les médecins de l’hôpital pédiatrique ont mis au point un nouveau traitement impliquant l’administration de différents médicaments et le placement du patient dans un coma artificiel pour permettre à son corps de mieux combattre l’infection, a expliqué la porte-parole, Jackie Gauger.
L’hôpital affirme dans un communiqué publié sur son site (http://www.chw.org) que Jeanna Giese est "la première personne au monde à survivre à la maladie sans avoir reçu de vaccination après contamination". L’adolescente, qui a repris du poids, de la force et un meilleur sens de la coordination, poursuivra un traitement à domicile et les médecins s’attendent à un rétablissement quasi complet, dit le communiqué. Le nouveau traitement pourrait être utile dans les pays en développement où la rage est plus courante qu’aux Etats-Unis, et il pourrait être utilisé pour d’autres maladies affectant le système nerveux.
Maladie de Parkinson : une découverte française importante
Du nouveau dans la lutte contre la maladie de Parkinson. Un travail français aura incontestablement marqué l’année scientifique. Il s’agit d’une nouvelle approche thérapeutique de la maladie. Un espoir. Les auteurs sont des chercheurs et des cliniciens du Service hospitalier Frédéric Joliot du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), et de l’Université Paris XII. Leurs conclusions sont parues dans la revue Neuron du mois de décembre. Leur découverte ? Ils ont montré que chez l’animal, la stimulation électrique du cortex moteur - une structure située en surface du cerveau - pouvait " corriger les troubles moteurs des formes évoluées de la maladie de Parkinson ". En clair, les chercheurs ont découvert qu’une électrode, directement placée en contact avec le cortex moteur, pouvait réduire les tremblements. Cette nouvelle approche thérapeutique est encourageante. Moins invasive que les techniques actuellement explorées, elle pourrait à terme permettre de soigner un plus grand nombre de patients souffrant de la maladie de Parkinson. En France, plus de 100 000 femmes et hommes en sont atteints.
Cancer colorectal : le dépistage génétique à l’essai
Une équipe américaine a élaboré un nouvel outil de dépistage du cancer colorectal. Il présenterait de meilleurs résultats qu’un test couramment utilisé, qui détecte la présence de sang occulte dans les selles. Cette nouvelle technique recherche dans les selles des fragments d’ADN anormal. Son efficacité -validée par des coloscopies de contrôle- a été évaluée auprès de patients asymptomatiques recrutés dans 81 hôpitaux américains. Et il a permis de dépister 52 % des cancers contre seulement 13 % pour l’autre test. D’après les auteurs, « il s’agit d’un résultat particulièrement encourageant » dans le dépistage d’une maladie qui, rappelons-le, tue 16 000 personnes chaque année en France et dont l’incidence a augmenté de 50 % au cours des deux dernières décennies.
Le mécanisme de régulation des cellules souches embryonnaires commence à être élucidé
Les cellules souches embryonnaires sont capables de se différencier pour engendrer tous les types de tissus présents dans l’organisme, soit plus de 200 sortes de cellules différentes. Des biologistes de l’université de Californie, San Diego, viennent de découvrir un mécanisme fondamental permettant de bloquer la division des cellules souches porteuses d’altérations génétiques, empêchant ainsi la transmission d’anomalies aux cellules filles. C’est en travaillant sur des lignées de cellules souches embryonnaires de souris, qui possèdent les mêmes capacités que les cellules humaines, que le professeur Yang Xu a pu identifier le rôle d’une protéine, p53. Déjà connue pour son action dans le contrôle des tumeurs, elle assure aussi le maintien de la stabilité génétique des cellules souches embryonnaires. Xu et son équipe ont découvert que les dommages sur l’ADN des cellules souches embryonnaires activaient la protéine p53. Celle-ci bloque l’expression d’un gène, appelé Nanog, nécessaire au renouvellement et à la duplication de ces cellules. L’ADN anormal est ainsi « prisonnier » et disparaîtra lorsque la cellule endommagée mourra, lors de son apoptose. p53 permet aussi l’élimination d’éventuelles altérations génétiques sur les cellules souches déjà différenciées, prévenant ainsi l’apparition de cellules cancéreuses.
La nature au service de la médecine
Strychnos myrtoides et Pinctada margaritifera ! Difficile à priori de dégager un point commun entre une plante malgache et... une huître géante ! Toutes deux sont pourtant au coeur de découvertes françaises qui ont marqué l’année 2004. La première de ces avancées concerne la lutte contre le paludisme, une maladie qui, rappelons-le, tue un enfant africain toutes les 30 secondes ! Des traitements existent bien. Mais depuis quelques années, plasmodium falciparum, le parasite responsable du palu, développe des résistances contre le traitement de référence du paludisme, la chloroquine. Or ce dernier présente l’avantage essentiel d’être très bon marché. Des chercheurs français ont toutefois découvert un moyen pour restaurer son activité. Grâce à la malagashanine, un alcaloïde naturel extrait de la plante Strychnos myrtoides. Pour les auteurs, il s’agit d’une étape " novatrice très encourageante ". A tel point que des molécules de synthèse pourraient rapidement voir le jour. Quant à cette fameuse huître géante, des chercheurs se sont penchés sur sa... nacre ! Ils en ont isolé un extrait hydrosoluble qui, ont-ils constaté, stimule les cellules cartilagineuses ! Leur idée est désormais " de développer, avec un partenaire industriel, un dispositif médical injectable " susceptible de réparer le cartilage usé. En d’autres termes, de traiter l’arthrose. Prometteur, non ?
Inquiétante progression de l’obésité chez les petits Américains
L’obésité ne cesse de progresser dans les pays industrialisés, singulièrement aux Etats-Unis où, en huit ans, le pourcentage d’enfants âgés de 2 à 5 ans en surpoids est passé de 3 % en 1994 à 10 % en 2002, selon le rapport annuel de l’Association américaine du coeur (AHA). "La situation s’est probablement encore aggravée", a déclaré le Dr Robert Heckel, président de l’AHA et professeur de médecine à l’Université du Colorado, à l’occasion de la publication jeudi de ces statistiques qu’il a qualifiées de "très alarmantes".
Chez l’adulte, la prévalence de l’obésité a augmenté de 75 % depuis 1991. Un phénomène observé aussi chez les enfants scolarisés, que confirment de nouvelles statistiques datant de 2002, selon lesquelles près de quatre millions d’enfants âgés de 6 à 11 ans et 5,3 millions de jeunes de 12 à 19 ans sont en surpoids ou obèses. Les résultats concernant les élèves de maternelle révèlent que le problème commence même bien avant. "Je pense que ce que nous observons, c’est que l’obésité augmente aussi bien chez les adultes que chez les adolescents et les enfants", note le Dr Christopher O’Donnell, président du département de statistiques de l’AHA.
Les experts accusent le trop plein de messages télévisuels publicitaires destinés aux enfants et la diminution des repas familiaux. Pour le Dr Sarah Blumenschein, professeur de cardiologie pédiatrique au centre médical de l’Université du Texas, médecins et parents doivent surveiller le poids des jeunes enfants. Ce problème concerne bon nombre des Etats industrialisés. En France, le 8 janvier prochain, l’Association française de pédiatrie ambulatoire organise la première journée nationale de dépistage de l’obésité de l’enfant.
D’après le Dr William Cochran, gastro-entérologue en pédiatrie et nutritionniste de la clinique Geisinger, à Danville (Pennsylvanie), on voit aux Etats-Unis de plus en plus de jeunes pesant de 135 à 180 kilos et de plus en plus d’enfants diabétiques, hypertendus, voire malades du foie. "Certains enfants boivent jusqu’à deux litres de soda par jour", dénonce le Dr Cochran, membre de la commission sur l’obésité nommée par l’Académie américaine de pédiatrie. "Dans dix à trente ans, le nombre de nouveaux cas d’infarctus, de diabète ou d’accidents vasculaires cérébraux risque de devenir astronomique." Autre révélation du rapport : près d’un million de jeunes de 12 à 19 ans, soit 4,2 % des Américains de cette tranche d’âge, souffrent de syndrome métabolique, un syndrome associant plusieurs anomalies du métabolisme des graisses et favorisant les accidents cardio-vasculaires.
De nouvelles études confirment les bienfaits de l’exercice physique
Plusieurs articles de revues médicales internationales, dans leurs éditions datées de la dernière semaine de 2004, nous démontrent les bienfaits de l’activité physique régulière. Celle-ci est associée à une plus grande longévité, à un risque cardiaque moindre et enfin à un risque réduit de maladie d’Alzheimer. D’autres études ont déjà mis en évidence le fait que l’exercice physique permet de lutter contre l’ostéoporose, le diabète, le mauvais cholestérol, la dépression, tout en améliorant la musculature et la silhouette.
Dans le New England Journal of Medicine daté du 23 décembre, les résultats de la « Nurse Health Study », une vaste étude lancée en 1976 sur des infirmières américaines, dévoilent que pour protéger son coeur, il ne suffit pas de rester mince, par exemple en surveillant son alimentation, il faut aussi pratiquer un exercice physique régulier, c’est-à-dire au moins trois fois par semaine. Ces résultats portent sur 24 ans de surveillance au cours desquels 10 282 femmes parmi les 121 000 infirmières incluses dans cette étude sont décédées : 2 370 de maladies cardio-vasculaires, 5 223 de cancer, 2 689 d’autres causes. Tous les deux ans, ces infirmières répondaient à un questionnaire très précis sur leur mode de vie, leur alimentation, la pratique d’un sport, leur poids. Dans ce volet de l’étude, les médecins se sont intéressés au lien entre le poids, l’exercice physique et le risque de décès.
Première constatation : le risque de décès par toutes causes augmente avec le surpoids. Mais, le principal enseignement à tirer ici, c’est qu’il ne suffit pas d’être mince pour rester en bonne santé, il faut aussi s’astreindre à une pratique régulière de l’exercice physique. Le risque de mortalité de toutes causes croît, si l’on est obèse, même si l’on pratique une activité sportive. Si l’on est mince, le risque est plus élevé lorsque l’on est inactif. Le taux de mortalité, qu’il s’agisse de cancer ou de maladies cardio-vasculaires, est le plus faible dans cette étude pour celles qui restent minces tout en ayant une activité physique régulière, soit au moins trois heures et demi en moyenne par semaine d’exercice soutenu (marche rapide, course, natation...). Ainsi, au bout de 24 ans de surveillance, il apparaît que par rapport à celles minces et faisant du sport, le risque de décès est multiplié par 1,55 pour celles minces mais sédentaires, par 1,91 pour les femmes obèses mais physiquement actives et enfin par 2,42 pour celles qui cumulent l’obésité et l’inactivité. Ces résultats sont valables, qu’il s’agisse de décès par cancer ou par maladies cardio-vasculaires.
Par ailleurs, pour la première fois, il a été démontré que l’exercice physique régulier réduisait aussi le risque de maladie d’Alzheimer. L’étude FINE, publiée le 28 décembre dans le Journal de l’Académie américaine de neurologie, a suivi pendant dix ans 295 hommes âgés dans le cadre d’un programme mesurant les relations entre activités physiques et fonctions cognitives. Au terme de ce travail, il apparaît que les hommes qui font le moins d’efforts quotidiens sont aussi ceux qui manifestent le plus de troubles des capacités intellectuelles. L’exercice physique pourrait améliorer la circulation sanguine cérébrale et réduire par ce biais le risque d’attaque, de démence ou de déclin des fonctions cognitives, estiment les auteurs.
Enfin, un troisième travail, publié cette fois dans le numéro daté du 1er janvier du Journal of Preventive Medicine, rapporte que l’exercice physique est aussi efficace que certains médicaments pour prendre en charge les personnes souffrant de facteurs de risque cardio-vasculaire et de diabète. Sur 100 volontaires âgés de 55 à 75 ans, en bonne santé, mais dont 43 % présentaient un surpoids, un cholestérol et une tension artérielle élevés, la moitié s’est soumis à des exercices physiques soutenus trois fois par semaine pendant six mois. Dans ce groupe, les facteurs de risque cardio-vasculaire se sont résolus pour 9 personnes et n’ont pas progressé pour les autres. En ce qui concerne l’autre groupe, des dépliants encourageant la pratique de l’exercice physique ont juste été distribués. Pour ceux-là, les facteurs de risque ont disparu pour huit personnes et apparu pour quatre autres, soit une réduction globale de 18 %.
Journal of Preventive Medicine
La prescription d’antibiotiques diminue
L’Institut de Recherche et Documentation en Economie de la Santé (IRDES) indique une diminution des prescriptions d’antibiotiques par les médecins généralistes en France depuis 1998. Cet institut vient de publier une étude de l’évolution de la prescription des antibiotiques entre 1992 et 2002. Le principal problème de la surconsommation d’antibiotiques des dernières décennies a été l’apparition de résistances bactériennes. Diverses campagnes destinées à promouvoir une utilisation plus raisonnée des antibiotiques ont été mises en place et un effet positif semble aujourd’hui se dégager. Ainsi, selon l’étude de l’IRDES, le pourcentage de séances chez les généralistes qui ont conduit à la prescription d’antibiotiques est passé de 27% en hiver 1996/1997 à 18 % en hiver 2002/2003. Cette baisse des prescriptions est particulièrement marquée dans les cas de la grippe et des syndromes grippaux. Par ailleurs, les auteurs de cette enquête ont mis en évidence une modification de la nature des antibiotiques prescrits. En effet, ils ont noté une baisse partielle de l’emploi des pénicillines au profit des antibiotiques de la classe des macrolides et des quinolones. Dernier point important, les recommandations apparaissent de mieux en mieux suivies, notamment pour les otites et sinusites.
Neurosciences
La fumée de cigarette provoque le déclin des capacités cognitives chez les enfants
Une étude publiée dans le numéro de janvier du journal Environmental Health Perspectives, montre que le tabagisme passif, même à de très bas niveau, est associé au déclin de certaines capacités cognitives chez les enfants et les adolescents. L’enquête réalisée par les chercheurs du Cincinnati Children’s Hospital Medical Center porte sur 4400 enfants âgés de 6 à 16 ans. Pour évaluer l’exposition à la fumée, ils ont mesuré le taux de cotinine, un produit de dégradation de la nicotine, dans le sang, les urines et la salive. Seuls les enfants ayant des taux significatifs de cotinine ont été inclus dans l’étude. Les aptitudes cognitives ont été mesurées à l’aide de tests « d’intelligence »standardisés. Les résultats sont formels, les enfants qui sont exposés à la fumée de cigarette présentent des résultats inférieurs à la moyenne. Et ce, dans de multiples domaines parmi lesquels la lecture, les mathématiques, les capacités logiques et le raisonnement. Plus le taux de cotinine est élevé et plus l’altération des capacités cognitives est importante. Mais, même à des taux d’expositions très bas, les scientifiques notent un effet délétère. Pour Kimberly Yolton, professeur au Children’s Environmental Health Center, « le déclin n’est peut-être pas significatif pour un enfant pris individuellement, mais d’un point de vue sociétal les implications peuvent être très importantes vu le nombre de jeunes exposés à la fumée ». Aux Etats-Unis 43 % des enfants côtoient des fumeurs, à la maison, et 85 % d’entre eux ont des taux de cotinine détectables.
Économie numérique
La Cour européenne de Justice confirme la condamnation de Microsoft
Le Tribunal de première instance de la Cour européenne de justice (CEJ) a rejeté le 22 décembre dernier l’appel du numéro un mondial des logiciels, qui demandait la suspension de ces mesures dans l’attente d’un jugement sur le fond de l’affaire, probablement pas avant 2006. Non seulement l’amende record de 497 millions d’euros infligée en mars est maintenue, mais Microsoft doit aussi sans délai offrir à ses clients européens une version de Windows sans le logiciel de lecture de fichiers audio et vidéo Media Player. Microsoft accepte de se plier aux sanctions de Bruxelles, mais, à défaut d’un compromis dans les mois à venir, l’affaire se poursuivra sur le fond. L’éditeur va devoir se plier très rapidement aux sanctions qui lui ont été infligées en mars dernier par la Commission européenne, et confirmées aujourd’hui. Bruxelles entend ainsi donner à ses concurrents la possibilité de rendre compatibles leurs logiciels serveurs avec les produits Microsoft. Microsoft livrera dès janvier 2005 une version de Windows sans son Media Player aux assembleurs informatiques en Europe. « Il est trop tôt pour dire si nous allons faire appel de cette décision en référé », a précisé le directeur juridique. Microsoft dispose de deux mois pour décider d’un éventuel recours devant le président de la Cour de justice. Cette procédure ne dispense toutefois pas Microsoft d’exécuter les demandes de Bruxelles. L’affaire se poursuivra, quoi qu’il arrive, avec un examen sur le fond des arguments des deux parties. Les premières auditions sont prévues pour juin 2005. Toutefois, Brad Smith n’est pas sûr que cette procédure n’aille jamais à son terme, car Microsoft souhaiterait trouver un accord avec Bruxelles. La Commission se félicite de ce verdict parce qu’elle signifie que la décision de mars 2004 peut entrer immédiatement en vigueur », a expliqué lors d’une conférence de presse Jonathan Todd, porte-parole de la nouvelle commissaire à la Concurrence Nellie Kroes. En revanche, Bruxelles ne semble pas décidée à céder du terrain : il n’est pas envisagé de renégocier quoi que ce soit avec Microsoft a ajouté Jonathan Todd.
Décision du 22-12-04 du Tribunal de première instance de la Cour européenne de justice
Mise en place du dossier électronique pour les entreprises
Le gouvernement vient, par voie d’arrêté, de décider de la création d’un nouveau traitement automatisé d’informations nominatives dénommé « Accès au dossier électronique des entreprises - ADELIE ». Grâce à la base ADELIE - qui devrait être mise en place très prochainement par la direction générale des impôts (DGI) au niveau national, dans les services des impôts et de la comptabilité publique et sur Internet -, le représentant légal d’une entreprise (ou toute autre personne dûment habilitée) pourra, s’il est en possession d’un certificat électronique valable, consulter en ligne l’ensemble des informations relatives aux données déclaratives et de paiement le concernant. Figureront notamment dans le dossier électronique des entreprises :
- des données relatives aux entreprises (identifiant de l’entreprise, civilité, nom ou raison sociale de l’entreprise...) ;
- des données relatives aux déclarations des entreprises (nature et période de l’impôt correspondant à la déclaration, date du dépôt de la déclaration, données fiscales et comptables portées sur la déclaration de résultat, liasse fiscale et annexes, etc.) ;
- et des données relatives aux paiements (nature de l’impôt et période d’imposition correspondant au paiement, date de la mise en recouvrement et de limite de paiement, montant réglé, détail et suivi des demandes de remboursement de TVA...)
Et ce traitement permettra également aux agents de la DGI et de la direction générale de la comptabilité publique habilités d’accéder aux déclarations professionnelles et aux paiements des entreprises à l’égard desquelles ils sont chargés d’une mission d’assiette, de contrôle, de contentieux ou de recouvrement en matière fiscale
Le secteur IT, moteur de l’innovation dans l’Union européenne
Selon un baromètre institué par la Commission européenne, les activités informatiques et l’équipement électronique sont les principaux moteurs de l’innovation en 2004. Japon et États-Unis gardent une longueur d’avance sur l’Union européenne. La Commission européenne a rendu public le 21 décembre, la quatrième édition de son tableau de bord annuel sur l’innovation, intitulé "European Innovation Scoreboard" (EIS). Ce bilan se base sur douze à vingt indicateurs communs, selon les pays, tels que le nombre de brevets accordés, les dépenses en recherche et développement ou le taux d’accès à l’internet. À partir de ces indicateurs, il établit un indice de synthèse, le "Summary Innovation Index" (SSI), compris entre 0 et 1 (le plus proche de 1 étant le plus innovant).
Les résultats de l’EIS 2004 mettent en exergue une prépondérance des technologies de l’information, qui font figure de moteur pour l’innovation dans l’Union. Ont été retenus dix secteurs industriels et quatre secteurs des services. Le secteur industriel possédant le plus fort indice d’innovation (SSI) concerne les équipements électroniques et optiques (0,37), devant les produits chimiques (0,35), les équipements de transports (0,3), les machines-outils (0,27) et les matériaux plastiques (0,22). Parmi les services, c’est le secteur de l’informatique (infogérance, intégration, etc.) qui prend la première place, avec un SSI de 0,37, devant les services divers aux entreprises (0,33), le transport, stockage et communication (0,15) et les services de commerce de gros (0,13).
L’EIS permet ensuite de dresser une carte comparative des capacités d’innovation dans les 25 pays membres de l’Union européenne, comparé à d’autres pays d’Europe (Bulgarie, Roumanie, Turquie, Islande, Norvège et Suisse) et aux deux poids lourds États-Unis et Japon. Ces derniers conservent toujours une longueur d’avance sur l’Europe en terme d’innovation. L’Union a été relativement stable au cours de la dernière décennie, avec un SSI moyen de 0,4 environ, alors que les États-Unis n’ont cessé de croître sur cette même période. Ils ont atteint un SSI de 0,8 entre 2000 et 2001, pour retomber en 2003 un peu en dessous de 0,7. Pour sa part, le Japon a connu une croissance continue et dépasse désormais la barre de 0,7. Au sein de l’Union européenne, les disparités sont sensibles parmi ses 25 membres. La Suède et la Finlande arrivent nettement en tête (quasiment 0,8 tous les deux), devant l’Allemagne et le Danemark (un peu en dessous de 0,6 chacun) et le Royaume-Uni (0,5). La France, l’Irlande et les Pays-Bas ne sont pas loin derrière (tir groupé entre 0,4 et 0,45), mais leur croissance a tendance à ralentir, ce qui fait dire aux auteurs du rapport qu’ils sont tous trois en perte de vitesse. Tous ces pays figurent ainsi au-dessus de la moyenne européenne (0,4).
Certains membres de l’Union, nouveaux entrants ou plus anciens, présentent toutefois une croissance en terme d’innovation qui leur permet de se rapprocher rapidement de ce seuil : il s’agit du Portugal, de l’Espagne, de la Lettonie, de la Hongrie, de la Slovénie ou de la Pologne. En matière sectorielle, la Finlande mène la danse dans le secteur le plus innovant (équipements opto-électroniques), avec un SSI de 0,62, devant la Belgique (0,46), les Pays-Bas (0,45) et la Suède, devançant la France (0,4) et l’Alemagne (0,39). Très peu de détails sont fournis concernant les services, à part une exception notable : c’est la Grèce, pourtant à la traîne au niveau global avec un SSI de 0,2, qui est le pays le plus innovant dans les services informatiques, affirme le rapport.
Le secteur IT moteur de l’innovation
Transports & Aéronautique
Le péage autoroutier par satellite est enfin en service en Allemagne
Le système de péage pour poids lourds est enfin entré en vigueur sur les autoroutes allemandes au 1er janvier. Dès le premier jour, quelque 20.000 poids lourds ont payé la taxe, qui s’élève en moyenne à 12,4 centimes d’euro par kilomètre. Du coup, le ministre des Transports allemand, Manfred Stolpe, s’est félicité que « le lancement du système de péage le plus moderne et le plus innovant au monde », ait eu lieu en Allemagne. Le ministre a également annoncé que, dès le premier jour, 500 resquilleurs se sont vus contraints d’acquitter d’une amende comprise entre 75 et 150 euros. Ces derniers ont été repérés grâce à l’un des 300 portiques "mouchards" répartis le long des 12.000 kilomètres du réseau autoroutier. La technologie retenue pour Toll Collect fait appel à un dispositif de positionnement par satellite. Les camions sont censés s’équiper d’un ordinateur de bord, qui communique au système central les kilomètres d’autoroute parcourus. Le propriétaire est ainsi facturé directement, en fonction des distances parcourues. 1,4 million de poids lourds circulent en Allemagne chaque année. Mais aujourd’hui seulement 300.000 véhicules sont équipés du système embarqué (le consortium Toll Collect en prévoyait 500.000). Du coup, les chauffeurs routiers ont été tenus de régler les paiements aux péages, soit par Internet, soit auprès des 3.500 bornes installées aux frontières et sur les aires de repos.
