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Payer l’énergie à son coût réel et taxer le CO2 au niveau mondial : des impératifs pour sauver notre planète

Dans sa dernière, volumineuse et passionnante étude de 500 pages, intitulée "Les perspectives de l’environnement en 2030", l’OCDE brosse un tableau réaliste et sombre de l’avenir de notre planète à l’horizon 2030 (Voir mon éditorial du 25-04-2008).

En 2030, la population de la Terre atteindra 8,2 milliards de personnes contre 6,5 milliards aujourd’hui. Si l’économie mondiale continue de croître à un rythme comparable à celui de ces dernières années, sa taille aura doublé en trente ans. La demande de matières premières (produits agricoles, minerais, énergie fossile, bois, eau) progressera de 60 % dans les pays industrialisés mais de 160 % chez les nouveaux grands acteurs de la scène internationale - Brésil, Russie, Inde, Chine. Selon des projections économiques et environnementales publiées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les émissions mondiales de gaz à effet de serre progresseront de 37 % d’ici à 2030 et de 52 % d’ici à 2050 si les pouvoirs publics n’adoptent pas de mesures nouvelles.

Pourtant selon l’OCDE, les actions à mener à l’échelle mondiale pour faire face aux principaux défis environnementaux - changement climatique, appauvrissement de la biodiversité, manque d’eau et risques pour la santé humaine - sont réalisables et d’un coût abordable. Avec cette étude, l’OCDE prend la mesure du défi de civilisation qui nous attend car l’équation planétaire à résoudre pour 2050 est implacable : réduire de 50 % la consommation moyenne par terrien (en passant de 1,5 Tep à une Tep par habitant), ce qui permettra de stabiliser notre consommation globale d’énergie autour de 9 Gigateps et diviser par 3 les émissions de carbone par terrien en passant de 1,2 tonne à 0,4 tonne, ce qui permettra de redescendre à des émissions annuelles globales de l’ordre de 4 gigatonnes de carbone par an, ce qui constitue la quantité maximale absorbable par la Terre sans provoquer un dérèglement incontrôlable du climat.

C’est un défi immense qui nous attend mais, comme le souligne l’OCDE, dans la prolongation du rapport Stern, nous avons les moyens de le relever en combinant une volonté politique nouvelle au niveau mondial et la capacité innovatrice du marché.

René Trégouët

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

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